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Matelas en mousse ou matelas en laine : comment choisir ?

Matelas mousse ou laine : le comparatif sur la composition, la fermeté, la durabilité et l’impact environnemental.

Macro monochrome d'une aiguille à matelas piquant un damassé à fleurs

Comme pour le latex, plus de 90 % des matelas vendus aujourd’hui sont fabriqués à partir de mousse ou de latex synthétique. Voici une comparaison exhaustive entre le matelas en mousse et le matelas en laine, dans la continuité de notre comparatif avec le matelas en latex.

2 technologies de matelas côte à côte

Le matelas en mousse

La mousse polyuréthane (polyfoam) domine ce marché depuis les années 1960, grâce à son faible coût et sa large disponibilité — les matelas à mémoire de forme utilisent généralement la même base de polyfoam. Elle est obtenue par réaction chimique entre polyols et diisocyanates issus de la pétrochimie, et sa qualité varie fortement d’un matelas à l’autre.

Le matelas en laine

C’est un matelas dont le garnissage principal est la laine de mouton, selon un procédé de fabrication établi — 100 % laine, ou mélangée à du crin de cheval selon les cas. Il ne contient ni COV, ni substances nocives, ni retardateurs de flamme.

Le tableau comparatif entre le matelas en mousse et celui en laine

Comparatif du matelas en mousse et du matelas en laine
Critère Matelas en mousse Matelas en laine
Niveau de fermeté Limité à des standards prédéfinis Ajustable de manière granulaire
Contre les suées nocturnes Dépend de la qualité de la mousse Oui
Propriétés anallergiques, antibactériennes Non Oui
Durabilité Correcte Très élevée
Réfection possible Non Oui
Recyclable après usage Non Oui
Biodégradable Non Oui
Vertus thermorégulatrices Dépend de la qualité Oui
Mode de production Industriel Artisanal
Composition Dérivés pétrochimiques (+ huiles végétales pour les mousses haut de gamme) 100 % naturelle
Origine des matières premières Hors d’Europe le plus souvent France, transformation nationale
Empreinte carbone logistique Élevée Faible
Redimensionnement Difficile, risque de perte des propriétés Possible

La fermeté

Le matelas en laine offre une échelle de fermeté bien plus large que la mousse : de très souple à très ferme, ajustable dès la fabrication.

Contre les suées nocturnes

La régulation hygrométrique et l’isolation thermique de la laine sont sensiblement supérieures à celles de la mousse — le lit reste chaud l’hiver, frais l’été, sans sensation de moiteur liée à la transpiration.

La durabilité

Un matelas en mousse a une durée de vie nettement plus courte qu’un matelas en laine fait main, et n’est pas réparable — la mousse durcit avec le temps, ce qui peut accentuer les sensations de douleur au dos. Le matelas en laine, lui, reste réparable pendant des décennies grâce à la réfection.

La composition

La laine reste le garnissage le plus naturel des deux options. La mousse, même dans ses versions améliorées incorporant des huiles végétales (ricin, soja) et réduisant les COV, demeure un matériau d’origine synthétique.

L’impact sur l’environnement

L’empreinte écologique d’un matelas en mousse reste nettement plus élevée que celle d’un matelas en laine : matières premières non renouvelables, extraction et fabrication énergivores, transport sur de longues distances, difficultés de recyclage en fin de vie (le recyclage de la mousse de matelas reste au stade expérimental, sans solution suffisamment performante à ce jour), emballage, essais et retours.

Le prix

Les matelas en mousse d’entrée de gamme offrent des prix d’achat très accessibles. Le matelas en laine reste plus cher à l’achat, mais son coût d’usage rapporté à sa durée de vie reste nettement plus avantageux sur le long terme.

Quel confort de sommeil la laine apporte-t-elle ?

La régulation hygrométrique et thermique de la laine maintient le lit chaud l’hiver et relativement frais l’été, tout en gérant efficacement la transpiration. Sa fermeté est ajustable, aussi bien à la fabrication qu’après l’achat, et sa surface reste moelleuse au toucher quel que soit le niveau de fermeté choisi. Le matelas se façonne progressivement à la forme du corps, et sa fabrication à l’unité permet une personnalisation complète du confort recherché.

Poignée de laine de garnissage serrée dans une main, gros plan noir et blanc

En savoir plus sur le matelas en mousse

Qu’est-ce que la mousse ?

La mousse est un matériau synthétique obtenu par réaction chimique entre polyols et diisocyanates issus de la pétrochimie — une structure de bulles de gaz agglomérées. Son comportement et sa longévité dépendent de la sensibilité des membranes des bulles, de la porosité, de l’élasticité et du type de gaz utilisé.

  • mousse à cellules fermées : chaque bulle reste isolée des autres ; le soutien vient de la compression/décompression de l’air, comme une pompe à vélo
  • mousse à cellules ouvertes : les cellules communiquent entre elles, ce qui crée un effet d’amortissement par la flexibilité des membranes

Pour comparer deux mousses, quatre grandeurs sont normalisées, et aucune ne se déduit des autres :

  • la densité (ISO 845) — la masse de mousse par unité de volume, en kg/m³. C’est une quantité de matière, pas une fermeté.
  • la portance, ou dureté par indentation (ISO 2439) — la force nécessaire pour enfoncer la mousse de 25 % ou 40 % de son épaisseur, en newtons. C’est elle qu’on ressent comme la fermeté.
  • la résilience (ISO 8307) — la hauteur à laquelle une bille rebondit sur la mousse, en pourcentage. C’est le côté plus ou moins rebondissant.
  • la déformation rémanente (ISO 1856) — ce qui reste écrasé après une compression prolongée. C’est la seule des quatre qui parle de vieillissement.

Une fiche produit qui n’annonce que la densité vous donne une information sur quatre. La différence entre densité et fermeté est reprise dans notre guide sur la composition d’un matelas.

Comment est-elle obtenue ?

Un polyuréthane naît de la réaction de deux familles de molécules, un polyol et un isocyanate, avec un gaz injecté pendant la réaction pour former les bulles. Quand une mousse est dite « polyéther » ou « polyester », ce n’est pas une autre matière : c’est le type de polyol utilisé. Une mousse polyéther est une mousse polyuréthane, une mousse polyester aussi. Mais les deux mots ne sont pas du marketing, ils annoncent des comportements différents. Le polyéther est généralement plus souple, plus élastique et résiste mieux à l’humidité — c’est le choix courant en literie. Le polyester résiste mieux aux solvants et au déchirement, mais moins à l’humidité. Dans tous les cas, c’est la formulation complète et la densité qui font le résultat, jamais le seul nom de famille.

Les mousses dites « haute résilience » (HR) sont des polyuréthanes, généralement polyéther, conçus pour offrir plus de rebond et de soutien qu’une mousse standard. Leur qualité ne se résume pas à un chiffre : densité, résilience, facteur de portance et tenue aux essais de fatigue se lisent ensemble, sur la fiche technique — et il n’existe pas de seuil normatif unique qui ferait d’une mousse une HR. CMHR (Combustion Modified High Resilience) désigne une HR dont le comportement au feu a été modifié (les familles de mousses souples sont décrites par EUROPUR, la fédération européenne du secteur). Ce n’est pas une certification : la tenue au feu d’un matelas s’évalue sur le produit fini, par l’essai à la cigarette de la norme NF EN 597-1 — et en France, un matelas domestique relève de l’obligation générale de sécurité, pas d’une norme feu spécifique.

Les avantages du matelas en mousse

  • un prix d’achat accessible, grâce à des coûts de matière et de fabrication plus bas
  • une production industrielle qui permet une disponibilité immédiate en stock

Quels produits chimiques entrent dans la fabrication d’un matelas en mousse ?

Cela dépend du type de mousse choisi. Les mousses d’origine pétrochimique contiennent généralement de l’oxyde de propylène, du diisocyanate de toluène (TDI), du benzène, du diméthylformamide (DMF) et des polyols. Pour les mousses polyuréthane, il vaut la peine de vérifier l’origine des polyols utilisés — certains, d’origine végétale, sont moins problématiques. De nombreux fabricants ajoutent aussi des retardateurs de flamme, souvent à base de polybromodiphényléthers (PBDE) ou d’autres composés halogénés.

Pour conclure sur les différences entre les deux catégories de matelas

Cette comparaison met en évidence deux philosophies d’achat différentes, sans qu’aucune des deux ne soit objectivement supérieure — le choix reste subjectif et dépend des priorités de chacun. La qualité du sommeil ne dépend d’ailleurs pas uniquement du matériau du matelas, mais de l’ensemble des critères qui composent une literie confortable.

Faire fabriquer un matelas