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Tête de lit : dimensions, hauteur et formes

La largeur d’une tête de lit se déduit du lit ; sa hauteur se décide assis dedans. Dimensions, formes, matières — et le parementage : sommier et tête de lit du même tissu.

Matelas en laine rayé, fabriqué dans l'atelier Le Briand

La tête de lit est la seule pièce de literie qu’on choisit à l’œil. Un matelas se juge en s’allongeant dessus, un sommier ne se voit plus une fois le lit fait — la tête de lit, elle, se regarde toute la journée.

Ce n’est pas une raison pour la mesurer en dernier. Deux cotes font presque tout : la largeur, qui n’est pas libre, et la hauteur, qui l’est trop.

Une précision avant d’aller plus loin. « Hauteur » désigne ici la hauteur du panneau, pas celle du lit. Ce sont deux sujets distincts qui portent le même mot, et le second a son propre guide : la hauteur de lit.

Deux sujets voisins ont leur propre guide : fabriquer une tête de lit soi-même, et la fixer au mur. Et si c’est le mot accotoir qui vous a amené ici, il désigne une pièce de siège, pas de lit.

À quoi sert une tête de lit

Quatre choses, et une seule relève de la décoration.

Elle protège le mur. À hauteur d’oreiller, une cloison reçoit des têtes, des cheveux et de la transpiration, et elle le montre au bout de quelques années. La tête de lit met entre les deux une surface qui se nettoie, ou qui se refait.

Elle fait butée. Les oreillers s’appuient dessus au lieu de descendre derrière le lit. C’est le service que rend aussi un traversin posé contre elle : les deux se complètent plus qu’ils ne se remplacent.

Elle sert de dossier. Si vous lisez au lit, votre dos cherche un appui continu, pas trois points durs. Un panneau garni le donne, un panneau de bois nu beaucoup moins : c’est le premier arbitrage de matière.

Elle donne au lit une limite haute. Sans elle, le couchage s’arrête sur du vide et le lit paraît flotter contre le mur. C’est la part décorative de l’objet, et nous l’assumons comme telle.

On lit parfois qu’elle isole du froid du mur. Ce qu’on peut dire sans se tromper, c’est qu’elle interpose une épaisseur ; nous n’avons rien mesuré de plus.

Un mot de vocabulaire : dans le commerce, « ensemble literie » désigne le duo matelas plus sommier, et la tête de lit n’y est jamais comprise — voir notre guide sur la literie.

Les dimensions d’une tête de lit

La largeur se déduit du sommier

La règle de départ tient en une phrase : une tête de lit se calque sur la largeur du sommier. Un sommier de 140 prend une tête de lit de 140, un sommier de 160 une tête de lit de 160. C’est ce que nous fabriquons la plupart du temps. Les cotes courantes sont dans notre guide sur la taille de lit.

Une précision qui se paie au centimètre : la cote à recopier est celle du sommier, pas celle du matelas. Le matelas est volontairement un peu plus petit que le sommier, pour se poser sans forcer — la règle exacte est dans notre guide sur la taille de lit. Mesurer sur le matelas, c’est arriver court.

Le débord, quand la tête de lit habille le mur

Parfois, la tête de lit va au-delà et déborde de chaque côté. Ce n’est plus tout à fait une pièce de literie, c’est un pan de mur habillé — et il n’y a pas de cote standard : le débordement s’ajuste au projet, à la chambre et à l’effet cherché.

Nous ne donnerons pas de fourchette, parce qu’il n’y en a pas : ni règle, ni tendance. Deux repères tiennent quand même, et ils sont qualitatifs. Trop peu, et le débord se lit comme une erreur de mesure plutôt que comme une intention. Beaucoup, et ce n’est plus une tête de lit mais un panneau mural devant lequel on a poussé un lit.

Entre les deux, il n’y a pas de bonne réponse générale : la cote se décide avec celui qui fabrique, et avant la fabrication. Après, elle est faite.

La hauteur d’une tête de lit

Hauteur du lit ou hauteur de la tête de lit ?

Le même mot recouvre deux mesures qui ne se calculent pas pareil, et la confusion se découvre à la pose.

La hauteur du lit part du sol et s’arrête au-dessus du matelas. C’est elle qui décide si vous vous relevez facilement le matin, et elle s’additionne : pieds (ou cadre), sommier, matelas. Nous la traitons entièrement, test de l’assise compris, dans notre guide sur la hauteur de lit — rien de ce qui suit ne s’y substitue.

La hauteur de la tête de lit est celle du panneau seul, et elle se compte de deux façons :

  • la hauteur totale, du sol au bord supérieur — celle à confronter au mur ;
  • la hauteur visible, celle qui dépasse au-dessus du matelas — la seule que vous voyez une fois le lit fait.

Le lien entre les deux passe justement par la hauteur du lit : plus le lit est haut, moins il reste de panneau au-dessus. Un même modèle ne montre donc pas la même chose d’une chambre à l’autre.

Trouver la hauteur utile

Aucune norme ne fixe la hauteur d’une tête de lit, et nous n’inventerons pas de chiffre : ce qui convient dépend du lit, du mur et de l’usage. Ce que nous pouvons donner, c’est la méthode.

Asseyez-vous dans le lit comme vous y liriez, dos au mur. Vos omoplates marquent le bas de ce qui doit être garni, votre nuque le haut : entre les deux, le panneau travaille. En dessous, les oreillers le masquent ; au-dessus, il est décoratif. Mesurez ces deux points depuis le sol et vous tenez votre hauteur garnie utile — ce qui monte plus haut est une décision d’allure, pas de confort.

Trois vérifications ensuite, mètre en main.

  1. Les oreillers, qui mangent la base du panneau. Mesurez-les en place et gonflés, pas rangés à plat.
  2. Ce qu’il y a sur le mur. Une fenêtre, une plinthe haute, un interrupteur, une moulure : c’est la hauteur totale qui tranche, pas la hauteur visible.
  3. L’épaisseur du panneau. Une tête de lit garnie prend quelques centimètres entre le mur et le sommier : le lit avance d’autant dans la pièce.

Les formes de tête de lit

La forme se décide après les cotes, et elle porte presque toujours sur une seule chose : le bord supérieur du panneau.

Le bord droit est le plus courant — un rectangle, éventuellement à angles adoucis. C’est celui qui se pose sans discuter avec le mur qu’il couvre.

Le bord cintré monte en une courbe unique, du galbe discret au demi-cercle franc. Il rompt la ligne horizontale de la tête du lit ; l’effet dans la pièce est un choix d’allure, et c’en est un motif suffisant.

Le chapeau de gendarme désigne un bord cintré à trois temps : il monte au centre, marque un replat, puis redescend de part et d’autre. Nous en montrons des exemples sur le site de l’atelier.

La forme n’est pas indépendante de la matière. Sur un panneau garni, c’est le cadre qui prend la courbe et le garnissage qui la suit. Sur du bois massif, la même courbe se taille dans la masse ou se cintre : deux opérations qui ne demandent ni le même travail ni le même bois.

Les matières d’une tête de lit

Le bois

Le bois est la matière la plus simple à vivre, dès lors qu’il est fini : verni ou huilé, un chiffon suffit et rien ne s’imprègne. Brut, il marque. Il tient une découpe, une claire-voie, une moulure — tout ce qui se travaille à l’outil.

Sa limite est une limite d’appui. Un panneau de bois nu n’a aucun rembourrage : le dos y trouve une surface dure, et il faut caler des oreillers ou un traversin pour tenir une soirée de lecture au lit. Le bois habille le lit, il ne le rembourre pas.

La tête de lit tapissée

C’est celle que fait un litier, et c’est une pièce de literie à part entière : un cadre, un garnissage posé dessus, un tissu tendu par-dessus le tout. La différence avec un simple panneau habillé de tissu est dans la couche du milieu. L’un a une épaisseur qui travaille, l’autre a une housse.

Le tissu peut être le même coutil que celui du matelas et du sommier, ou un tissu d’ameublement. Le cahier des charges n’est pas le même : ici le tissu ne porte aucune charge et ne subit pas le frottement d’un matelas, mais il reçoit les têtes et se salit là où on s’appuie. Le choix y est donc plus libre que partout ailleurs dans la literie.

Reste le capitonnage, qu’on prend pour un motif alors que c’est une fonction : des points qui traversent le garnissage de part en part et le retiennent en place, noués ou boutonnés un par un. Sans eux, la garniture se déplace et laisse des creux. C’est le geste du matelas appliqué à un panneau vertical, où la gravité travaille dans le mauvais sens.

Le parementage : sommier et tête de lit du même tissu

Parementer un sommier, c’est l’habiller d’un tissu décoratif par-dessus son coutil — un tissu d’ameublement, en chanvre ou en lin. C’est une étape optionnelle : tous les sommiers tapissiers ne sont pas parementés, et cela ne change rien à leur comportement sous le matelas. La définition est dans notre dictionnaire de la literie.

Ce qui change, c’est ce qu’on en fait. Associez à ce sommier une tête de lit du même tissu, et le lit est complet : il n’y a alors plus besoin de bois ni de cadre de lit. Le sommier cesse d’être une pièce qu’on cache dans une structure, il devient la structure.

Ce que cela change se voit chez vous.

Une pièce disparaît de l’empilement. Un lit classique en compte trois : un cadre en bois, un sommier posé dedans, un matelas posé dessus. Ici il en reste deux, et le sommier prend ses propres pieds.

Ce que le cadre faisait en plus de porter doit venir d’ailleurs. Sans lui, plus rien ne fait rebord. C’est la finition du sommier qui prend le relais : une finition à cuvette offre une surface plus plane qui retient le matelas en place, là où une finition tendue, plus bombée, le laisse libre. Nous y revenons dans notre guide pour empêcher un matelas de glisser du sommier.

Le tissu se choisit une fois, pour deux pièces. C’est la vraie contrainte de la méthode : le sommier et la tête de lit se décident ensemble, dans la même toile — ce qui suppose qu’ils sortent du même atelier — et on ne rattrape pas ce choix six mois plus tard sur la moitié d’un lit. Ces toiles sont détaillées dans notre guide sur le coutil, et la place du parementage dans l’ensemble dans celui sur le sommier tapissier.

Est-ce que cela vaut pour tout le monde ? Non. Un lit ancien en bois, une chambre où le cadre fait partie du décor, une tête de lit chinée qu’on tient à garder : dans ces cas-là, le parementage ne sert à rien. Il sert quand le lit est à faire en entier, et qu’on préfère deux pièces cohérentes à trois pièces assemblées.

Reste à savoir par où commencer. Si le lit est à faire en entier, c’est le sommier tapissier qui se décide d’abord : c’est lui qui porte le tissu, donc lui qui fixe le choix que la tête de lit devra suivre. Si le lit existe déjà, la cote à relever avant tout le reste est la largeur de son sommier — et si vous voulez que les deux pièces s’accordent, la référence de son coutil avec.

Faire fabriquer une tête de lit